Résidence avec Francesca VENEZIANO

du 21 juil­let au 31 juil­let 2018

La lumière, on ne la voit pas ; c’est elle qui, en déploy­ant sa matière invis­i­ble, nous permet de voir. Par un tra­vail double, qui porte sur la fab­ri­ca­tion de pro­to­types lumineux et la réac­tion chim­ique de la pel­licule film, Luciana Araújo et Vin­cent Pouy­desseau (Matière Revue) et Francesca Veneziano (Braquage) inter­ro­gent la matière lumineuse.

Com­ment pro­duire des scéno­gra­phies, en inter­cep­tant la lumière ? Com­ment détourner la fonc­tion d’une matière à tra­vers son inter­ac­tion avec la lumière ? De quelle manière la pel­licule et la lumière peu­vent récipro­que­ment se mettre en scène ?

Francesca Veneziano manip­ule les pel­licules afin que les bains chim­iques noir­cis­sent, brû­lent ou délavent son émul­sion. Ainsi tra­vail­lées, elles devi­en­nent des chimi­grammes : des pel­licules dont la matière ini­tiale est effacée au profit des réac­tions provo­quées par les bains. 

Tels des dis­posi­tifs imag­i­naires, les pro­to­types lumineux sont le résul­tat d’un tra­vail de fab­ri­ca­tion et décon­struc­tion.
Luciana Araújo et Vin­cent Pouy­desseau assem­blent des matières et des objets divers tels le plas­tique, des leds mul­ti­formes, les ampoules, des bouts de métal trou­vés dans la rue. Tout agence­ment est permis : le bois se colle au fer, la vitre à la résine. Conçus pour mon­trer leurs matières à vif, les pro­to­types lumineux le sont aussi pour que l’on voit à leur intérieur. Araújo et Pouy­desseau imag­i­nent des mises en scène lumineuses qui, de loin, inter­cepteraient une pel­licule égarée.

Imag­inés par­fois comme cadres pour rétroé­clairer les chimi­grammes, par­fois comme sys­tèmes lumineux qui, à dis­tance, répondraient aux pel­licules, les pro­to­types investis­sent l’espace d’expo. Dans celui-ci, le vis­i­teur se promène tel un chas­seur de matières lumineuses ; chaque trou­vaille ouvre sur un univers dif­férent, frag­ile et pro­vi­soire comme la lumière qui le rend vis­i­ble.

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