transfert de support

TRANS­FERT DE SUP­PORT est une expéri­ence col­lab­o­ra­tive de créa­tion d’oeuvres, se basant sur le jeu proche du cadavre exquis. Nous par­tons de la con­trainte suiv­ante: créer une oeuvre à partir d’une autre oeuvre — tous les travaux précé­dents con­sti­tu­ant une source d’inspiration pour l’oeuvre suiv­ante. Par TRANS­FERT DE SUP­PORT, nous sup­posons que la créa­tion est néces­saire­ment col­lec­tive et sus­citée par un dia­logue croisé entre dif­férents par­tic­i­pants, tem­po­ral­ités, désirs et mains. L’écoute y est source de la parole qui traduit, mod­i­fie et, par­fois, con­tredit l’énoncé de départ. TRANS­FERT DE SUP­PORT est aussi une série d’opérations qui con­sis­tent à tra­vailler une matière et une série de fal­si­fi­ca­tions sin­gulières de l’idée pro­posée par l’autre. Dans Trans­fert de sup­port, l’oeuvre est le sup­port de médi­a­tion — ce​“entre plusieurs” — où se pro­duisent toutes ces sortes d’erreurs et d’appropriation que nous nom­mons ici créa­tion artis­tique.

Trans­fert de sup­port (1)

La thé­ma­tique qui tra­verse l’ensemble des oeu­vres qui font partie de la pre­mière ver­sion de TRANS­FERT DE SUP­PORT est le livre ou, à vrai dire, le champ lex­i­cal duquel il prend ses dif­férentes sig­ni­fi­ca­tions:
nous pou­vons ouvrir le livre, le feuil­leter, le déchirer, le lécher, le percer, le manip­uler, le lire, l’écouter, l’abîmer, le racon­ter, le repasser, le tourner, le jeter, l’apprendre, le traduire, le plier, le sur­v­oler, le corner, l’enseigner, le fermer, le périmer, le brûler ou le garder.
Il existe de livres que nous pou­vons emprunter, con­sul­ter, voler, porter avec nous; il y a d’autres qui restent intouch­ables, inter­dits ou mau­dits.
On rêve d’un livre, on aspire à en réaliser cer­tains, on peut les oublier ou les faire vivre 

VIN­CENT POUY­DESSEAU
CURTIS PUTRALK
DIOGO OLIVEIRA
ESTE­BAN ANAV­I­TARTE
FABI­ANA EX-SOUZA

Trans­fert de sup­port (2)

glos­saire, ou appren­dre par con­fu­sion:

commun : faire ensem­ble que se dis­tingue d’une déf­i­ni­tion plus usuelle de la pra­tique col­lec­tive pré­sup­posant une syn­chronie espace-tem­porelle. Le commun se fab­rique dans une tem­po­ral­ité dis­jonc­tive qui con­jugue soli­tude et partage.
ex: les oiseux sont libres d’aller où ils veu­lent, pour­tant ils volent presque tous en groupe

dis­tance : être en rela­tion avec, apercevoir à tra­vers de, remet­tre en ques­tion la pos­si­bil­ité de voir quoi que ce soit par les mots
ex: à cette dis­tance, c’est dif­fi­cile de savoir

défense: être ensem­ble pour pou­voir être où l’on veut, devenir mul­ti­tude
ex: les oiseaux volent presque tous en groupe pour être libres d’aller où ils veu­lent

hasard: se mettre dans un état d’attente, pra­ti­quer l’écoute, être atten­tive aux détailles apparem­ment insignifi­ants, se plonger dans une riv­ière et trou­ver une caméra
ex: les oiseux (pois­sons?) volent (nagent?) presque tous en groupe quand on les voit d’en bas (d’en haut?) 

flou : penser la forme en tant que mou­ve­ment, comme un com­pos­ite de rythmes iné­gales, com­poser des images par super­po­si­tion et faire voir à tra­vers ces dis­symétries
ex: à quelle dis­tance? est-il pos­si­ble de savoir? 

DAPHNÉ KERAMI­DAS
GUIL­LAUME CONTRE
ANGELO FER­REIRA DE SOUSA
DADO AMARAL
MARIYA NIKI­FOROVA