Matière projetée #1 Joao Cuenca & Juruna Mallon

Pro­jec­tion des films A morte de JP Cuenca de João Cuenca et Satan Satie ou memórias de um amnésico de Lucas Par­ente et Juruna Mallon suivie d’un débat avec João Cuenca et Juruna Mallon

26.09.2017 | 19h30

Les deux films des réal­isa­teurs brésiliens, João Cuenca, Lucas Par­ente et Juruna Mallon, se déroulent en ayant comme toile de fond les change­ment de deux grandes zones urbaines — la ban­lieue de Paris et la ville de Rio de Janeiro. Satan Satie con­sacre une grande partie de son récit à la dis­pari­tion des traces matérielles d’un passé récent, ce du com­pos­i­teur français, à tra­vers les images du travaux de réamé­nage­ment du bâti­ment d’Arcueil où Satie a habité et qui a été trans­formé en un HLM qui garde son nom . Dans la mort de JP Cuenca, les travaux pour les jeux olympiques à Rio de Janeiro ser­vent de décor pour un crime — la mort volée à l’auteur du film. Les deux oeu­vres pro­posent ainsi des regards cri­tiques sur les trans­for­ma­tions subies par ces villes, représen­tées à tra­vers de paysages dystopiques où passé/​présent , fiction/​réalité se con­fondent.

Syn­op­sis

:::::Satan Satie ou memórias de um amnésico de Lucas Par­ente et Juruna Mallon ::::: (2015, 33’)

L’œuvre d’Erik Satie est au cœur de la musique mod­erne. Mais qui était Satie? Un génie insai­siss­able ou un mis­an­thrope vision­naire? Le film tente de brosser un por­trait-robot du musi­cien à tra­vers ses notes et les lieux où il a vécu. Les musi­co­logues s’accordent en général à dire que la musique de Satie est habitée de vides et de trous. Les longues pauses entre deux pas­sages musi­caux sont des struc­tures musi­cales en soi; aussi, les cinéastes ont-ils créé un univers dis­so­nant à la Satie, qui mêle espaces vides et pas­sages élo­quents. Telle une fleur mys­térieuse vis­i­ble unique­ment pour ceux qui ont envie de se laisser emporter par son charme, le film se déroule peu à peu à tra­vers des asso­ci­a­tions men­tales et des jux­ta­po­si­tions créa­tives. Il n’y a pas de réponse dans l’univers habité par les fan­tômes des créa­tions de Satie. Formes archi­tec­turales, sou­venirs de désirs et actes d’orgueil créatif rivalisent pour créer un nou­veau monde, qui est en fin de compte l’image d’un principe de plaisir nou­veau et plus séduisant. Satan Satie est un film qui repousse les fron­tières du cinéma”.
Giona A.Nazzaro

:::::A morte de JP Cuenca de João Cuenca ::::: (2015, 90’)
”“In 2008 a corpse was iden­ti­fied by the police with the birth cer­tifi­cate of the Brazil­ian writer João Paulo Cuenca in a invaded build­ing in the his­tor­i­cal and bohemian neigh­bor­hood of Lapa, down­town Rio de Janeiro. Inspired by this fact, The Death of J.P. Cuenca” inves­ti­gates the iden­tity-theft case in a phan­tas­magoric city under­go­ing a lot of changes. If in fic­tion and crime news pages it is a cliché for living people to steal the iden­tity of dead ones to start a new life, what we have here is the oppo­site case: some­one who steals the iden­tity of a living person to die in his place””.

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